Questions dérangeantes

COURRIER fc90

Ayant reçu en un peu plus d’une semaine, dans ma boîte personnelle, plusieurs messages de Michèle Chritin, que je suis censé avoir connue dans les années soixante et qui se proclame fièrement « gessienne de souche », je crois devoir y répondre aujourd’hui en pleine lumière, sur le site de Ferney-Candide dont Michèle conteste l’objectivité, du fait d’un traitement de faveur appliqué, selon elle, à Hubert Bertrand, maire de St Genis, plus connu sous les sobriquets de L’Empoudré et de Bertrand-du-Déclin. Avant de lire mes réponses, prenez connaissance des trois messages de Michèle…

A.D.

Le 21 juil. 2014, Michèle Chritin a écrit :

Bonjour, j’ai eu votre (ton?) adresse par un « ami » commun. Je suis une gessienne pure souche et si je me permets d’éventuellement te tutoyer, c’est que nous étions au collège à Gex dans les années soixante, pas dans la même classe car je suis née en 1946… J’ignorais que Ferney-Candide existait toujours… et notre connaissance commune m’a informée de ce fait … J’ai lu beaucoup d’articles et, sauf erreur de ma part, je n’ai vu aucune mention des procès intentés contre  l’actuel maire de Saint Genis … si j’ai bien lu, je voudrais savoir pourquoi… le dernier procès ne date que de quelques semaines… Je pense que pour être crédibles les articles doivent faire preuve d’impartialité et je voudrais être rassurée à ce sujet. Je précise que je ne suis affiliée à aucun parti politique, que je ne roule que pour moi-même et que mes votes sont plutôt centristes… merci de me rassurer. Cordialement. Michèle Chritin

Le 26 juil. 2014, Michèle Chritin a écrit :

Bonjour Alex, je voulais savoir pour quelle raison(s) je n’obtiens aucune réponse à ma demande d’informations. Est-ce à cause de vacances ? Ou Ferney-Candide ne serait-il seulement qu’un journal d’opinion? Dans ce cas la cure de désintoxication promise ne saurait être efficace… j’attends encore . Merci d’avance. Cordialement. Une gessienne d’origine.  Michèle Chritin

 

Le 29 juil. 2014, Michèle Chritin a écrit :

Bonjour Alex Décotte,  je viens de comprendre que je n’obtiendrai pas de réponse à mes demandes puisque tu n’es pas (ou vous n’êtes pas, pour rester polie) en vacances… notre ami commun avait raison : mes questions étaient trop dérangeantes ; je suis déçue … nouvelle question : pourquoi le compte-rendu très succinct du dernier procès incriminant Mr Bertrand a-t-il été classé dans « divers » … contrairement à d’autres faits qui ont beaucoup plus « mis en avant  » ? et pourquoi dire qu’il avait été presque blanchi… donc d’après Ferney-Candide , presque pas ou pas condamné (on ne lit rien non plus sur la sentence…)   étonnant… pour moi et d’autres … et très décevant pour l’objectivité indispensable à la crédibilité…. je précise que ne suis pas du tout une supportrice ni de notre député, ni du Président de la Communauté de Communes … et pour paraphraser un ancien Président de la République   « la gauche n’a pas le monopole du coeur  » … je suis seulement pour la justice pour tous !  

PS comme tu connais bien les rouages de la politique et les solutions qu’il faudrait trouver pour notre beau Pays de Gex … comment se fait-il que tu ne te soies pas impliqué personnellement ?   Toujours cordialement.  Michèle Chritin

Ma réponse

Avant toute chose, il est utile de rappeler que tous les articles de Ferney-Candide disposent d’un espace « commentaires » permettant à chacun de s’exprimer. En toute logique, c’est là que Michèle aurait dû poster ses questions et remarques, qui auraient été aussitôt publiées. Il n’est pas courant que les lecteurs de Ferney-Candide adressent leurs messages sur ma boîte personnelle. Dans un premier temps, j’ai donc hésité à répondre par la même voie ou directement sur notre site. Voici dont quelques éléments de réflexion à l’intention de Michèle, de notre « ami commun » et de tous les autres.

  1. Le tutoiement. Il est le bienvenu, comme de juste. Au même titre que le tablier uniforme pour les écoliers de la République, il devrait être la règle entre tous les personnages publics, pour rappeler trois mots simples : liberté, égalité et fraternité.
  2. « Aucune mention des procès intentés » contre Bertrand. En page d’accueil de Ferney-Candide, dans la case « recherche », il suffit de taper Bertrand, Déclin ou L’Empoudré pour se convaincre du contraire. En revanche, Candide a, dès le début, mis fortement en doute les documents avancés pour incriminer Bertrand, en particulier la fameuse « fausse déclaration » qui lui est reprochée et qui ne pouvait en aucun cas émaner de la mairie. J’en avais d’ailleurs fait la démonstration, de vive voix, à Michèle Chenu, qui n’en a pas tenu compte. Faux procès donc, plutôt que fausse déclaration (voir à ce propos l’article suivant : http://candide.ferney-candide.fr/?page_id=408 . C’est la raison pour laquelle la montagne a finalement accouché d’une souris et la justice d’un quasi-acquittement, seule ayant finalement été retenue une bénigne erreur de procédure que n’importe quel élu honnête – si, si, ça existe – aurait également pu commettre. Au vu de ce jugement et des documents que j’ai pu examiner, je suis personnellement persuadé que toute cette affaire n’était qu’une querelle de cornecul. Je l’ai déjà dit et je l’écris ici. J’aurais évidemment agi de même si la même mésaventure avait concerné Blanc, Paoli ou Bouvier.
  3. Ferney-Candide, journal d’opinion ? A tout hasard, il n’est pas inutile de rappeler que, dès sa création et pour longtemps encore, Ferney-Candide a d’abord été – et reste – un journal. Il n’a eu à ce jour qu’un unique responsable. Ce responsable est journaliste et donc… responsable. Sa règle, commune à tout journaliste digne de ce nom, est simple : « Les faits sont sacrés, le commentaire est libre ». Un journaliste peut certes se tromper ou être trompé mais, dès l’instant où il a connaissance de son erreur, il a le devoir d’en informer ceux à qui il avait précédemment communiqué une information erronée ou tronquée. Ferney-Candide, qui n’a pas d’opinion mais des convictions, n’a jamais agi autrement.
  4. « Questions dérangeantes ». Aucune question, dès lors qu’elle porte sur la partie publique de nos modestes vies, ne saurait être dérangeante. Les tiennes, Michèle, pas plus que les autres. Dis-le au passage à notre « ami commun », qui semble privilégier l’amitié anonyme.
  5. « La Gauche n’a pas le monopole du cœur ». Certes. Pas plus, d’ailleurs, que la Droite n’a celui du cynisme, hélas. Mais pourquoi parler de Gauche ou de Droite ? Dans sa grande sagesse, la République a choisi d’équiper les locaux de vote d’isoloirs. Ne serait-ce pas parce que je vote est chose personnelle, intime ? Personne n’a le droit de savoir comment je vote, comment tu votes, et c’est tant mieux. Comme toi, je n’ai jamais appartenu à aucun parti et n’y appartiendrai sans doute jamais. Ne te demande donc pas si je suis ou non « de gauche ». Tu ne le sauras jamais et moi non plus, peut-être.
  6. « Divers ». Le papier consacré au procès de Bertrand portait la mention « divers ». Tu en déduis que je le considérais comme sans importance. La vérité est plus banale : tout article auquel son auteur n’attribue pas de catégorie particulière est, par défaut, classé en divers. Hormis pendans les premières semaines de ce nouveau site, il est apparu que cette classification obligatoire était dénuée de sens et, du coup, TOUS les articles portent la mention « divers ».
  7. Implication personnelle. J’ai longtemps été élu municipal à Ferney. Dans l’opposition d’abord, fatigant mais nécessaire. Dans la majorité ensuite, passionnant mais épuisant. Puis à nouveau dans la minorité. Et enfin plus du tout. Ce long exercice (près de trente ans) m’a appris la grandeur de la chose publique, soit-elle petite. Je comprends mieux aujourd’hui sa nécessité, ses rouages, sa lourdeur, ses échecs. J’ai appris à mieux connaître les hommes et les femmes, à m’en méfier parfois, à les aimer souvent. J’ai privilégié le compromis et fui la compromission. Un temps est venu où je me suis vu plus utile à l’extérieur qu’à l’intérieur. Utile à la chose publique à travers Ferney-Candide retrouvé. Utile aux autres et à moi-même grâce aux heures et aux libertés reconquises. Je n’ai plus aujourd’hui de comptes à rendre qu’à moi-même mais, comme tu peux le constater à travers ces lignes, je ne rechigne pas à en rendre aux autres, lorsque cela peut-être utile à tous.

Voilà, Michèle, ce que je voulais t’écrire. J’ai respecté les faits, qui me sont sacrés, et pris quelques menues libertés avec les commentaires, qui me sont vitaux…

A l’avenir, poste plutôt tes questions et remarques directement sur le site ou adresse-les à candide@ferney-candide.fr . Pour le reste, à condition d’en respecter les règles, pourquoi ne te lancerais-tu pas dans le journalisme irrévérencieux ? Et pourquoi notre « ami commun » et inconnu ne ferait-il pas de même ? Candide manque de bras et plus encore de têtes.

Alex Décotte, juillet 2014

4 réflexions au sujet de « Questions dérangeantes »

  1. Eh hop ! ça continue ! Pourquoi toujours des insinuations, des suppositions, des suspicions ? Pourquoi faudrait-il être une amie de la chenulle pour tout simplement répondre : » oui, Bertrand est coupable puisqu’il a été (si peu) condamné » ? La justice se serait trompée, aurait condamné avec, dans le dossier, des faux documents ? Suis-je naïf de croire encore qu’il y a une justice-juste ?

    • pour être naïf, on peut dire que vous êtes vraiment naïf. Une justice juste ! et pourquoi pas des politiciens honnêtes ?
      Non, la justice (sans majuscule qu’elle ne mérite pas) n’est pas juste. En cette occurrence, elle n’a été que politique et minable !

  2. On peut reprocher maintes choses à Ferney-Candide, mais certainement pas d’être favorable à HB… Quant au tutoiement, pourquoi pas ? Mais le syntagme « journal d’opinion » n’est-il pas un pléonasme ? Si l’on s’en tenait aux seuls faits, les fils des dépêches d’agence seraient bien suffisants… et fort ennuyeux, sinon inintelligibles faute d’un éclairage ou d’une mise en perspective. Il faut faire son miel du pollen des faits. Le journaliste est en ce sens une abeille – quand il n’est pas un bourdon 😉
    Christophe Paillard

  3. hum, sans aucun doute cette personne n’est « pas politisée », mais peut-être s’agit-il d’une amie de la chenulle ?

Postez ici votre commentaire. Bravo et merci !