Affaire Voltaire : communiquons comme la lune

La mairie de Ferney s’est finalement fendue d’un Communiqué de Presse, ce mercredi 27 août. Ce n’est pas trop tôt, surtout si on en croit l’affirmation selon laquelle « les services municipaux et les élus en charge ont constaté ces erreurs le 16 juillet ».

Pourquoi ce silence de plus d’un mois ? N’aurait-il pas été plus simple d’en informer aussitôt les Ferneysiens ? Pourquoi n’avoir pas organisé un jeu de piste ouvert à tous ? Le premier – ou la première – à identifier toutes les fautes se serait vu remettre un exemplaire du Dictionnaire philosophique, dont on célèbre cette année les 250 ans… Tout le monde en aurait ri et la planète entière ne se serait pas gaussée de nos coïonnades voltairiennes.

Au fait, si toute la mairie était au courant depuis le 16 juillet, comment se fait-il que le maire soit tombé des nues, un mois plus tard, lorsque Candide lui a appris la nouvelle ? Avant de communiquer à la presse, il ne serait sans doute pas inutile que les élus communiquent entre eux – et avec leur maire.

Finalement, à quelque chose malheur est bon. Le communiqué « encourage les Ferneysiens, Gessiens et voisins de Suisse à venir découvrir ce parc en cours d’aménagement ». L’idée est bonne mais un rien tardive car c’est de bien plus loin que les premiers visiteurs ont pointé le bout de leur nez à l’Office du Tourisme, dès ce matin, pour demander où se trouvait le célèbre parc de la Tire, devenu parc d’attraction (sans « s ») pour l’humanité attendrie. Attention tout de même : ces aventuriers des temps modernes doivent disposer de bonnes jambes et d’une bonne vessie car il n’y a, dans le parc, ni bancs ni toilettes.

Ferney est désormais sur toutes les lèvres, tous les écrans, tous les tabloïds. Il ne nous reste donc plus qu’à féliciter et décorer le scribouillard municipal (ou le fondeur frondeur) qui a tant fait pour la renommée de la ville. Depuis la mort de Voltaire, jamais on n’avait tant parlé de Ferney !

Alex Décotte, 27 août 2014

 

 

Une réflexion au sujet de « Affaire Voltaire : communiquons comme la lune »

  1. Après que Ferney a été située en Suisse, la voilà redevenue française, et de réputation européenne, pour de peu nobles raisons.

    Qui doit-être ‘apostrofé’ ?

    Enfin ! les fautes se fondront avec le bronze, les responsables se confondront en excuses et les plaques seront devenues d’airain, (afin de donner un style plus poétique aux citations de Voltaire).

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